EN

Que représente une mobilité simple pour vous ?

12.2%
7%
19.1%
61.7%
Annuler

Quel est l’élément qui permettrait que les différentes étapes d’un trajet s’enchaînent de manière fluide et simple ?

11.1%
30.3%
1%
1%
56.6%
Annuler

Lequel des éléments suivants aura le plus d’impact sur la planification des transports dans le futur ?

15.8%
32.6%
25.3%
20%
6.3%
Annuler

L’accessibilité universelle est une approche inclusive qui tient compte des besoins de l’ensemble de la population. Un service régulier de transport collectif universellement accessible permet à tous de se déplacer et d’utiliser les mêmes services, en même temps et de la même manière.

La comodalité suggère le recours efficace à différents modes de transport, isolément ou en combinaison, dans le but d’obtenir une utilisation optimale et durable des ressources. On ne cherche plus à opposer les modes de transport les uns aux autres.

Les pôles d’échanges multimodaux peuvent être d’envergure différente : gare centrale, gare d’autocars ou de trains de banlieue, station de métro, terminus de réseaux d’autobus, stationnement incitatif, simple arrêt d’autobus connectant plusieurs lignes achalandées.

Le service de MaaS WHIM, développé en Finlande et offert dans plusieurs villes européennes, propose différents forfaits qui permettent à l’utilisateur de se déplacer en taxi, en transport collectif, en vélo ou en auto en libre-service, tout en étant facturé simplement sur la base d’un forfait mensuel.

Autorité régionale
de transport métropolitain

Temps de lecture estimé
8 minutes

Occasion de prendre la parole
3 questions

Une expérience de mobilité simple, intégrée, fluide et efficace pour tous

Que veut-on dire quand on parle de mobilité simple ?

Nous avons tous à nous déplacer. Nous pouvons utiliser plusieurs modes de transport, publics ou privés, au cours d’une journée ou d’un même déplacement. Mais comment faire en sorte que cette expérience de mobilité soit réussie ?

Le passage d’un mode de transport à l’autre doit être facilité par des interfaces physiques et virtuelles de qualité. Pour être inclusive, l’expérience de mobilité doit également tenir compte des besoins de l’ensemble de la population, et les obstacles à la mobilité que peuvent rencontrer les personnes à mobilité réduite — notamment les personnes handicapées et les personnes âgées — doivent être levés.

Le monde évolue rapidement au gré des avancées technologiques et des nouveaux modèles d’affaires, et ce, dans un contexte environnemental en pleine transformation. Il est donc important de se préparer à faire face à ces changements pour assurer une expérience de mobilité qui soit simple, intégrée, fluide, efficace et pérenne.

Que veut-on dire quand on parle de mobilité simple ?

Un réseau de transport collectif accessible à tous

Des réseaux de transport collectif plus accessibles non seulement bénéficient aux personnes à mobilité réduite, mais représentent aussi un atout pour l’ensemble des usagers du transport collectif. L’accessibilité universelle des services de transport contribue particulièrement à accroître la participation sociale des personnes handicapées en éliminant les obstacles à la mobilité.

Elle sert tout autant les personnes qui ont une déficience motrice, intellectuelle, visuelle, auditive ou du langage et de la parole que les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes se déplaçant avec une poussette ou des colis. Ainsi, les citoyens avec un handicap temporaire (fracture, blessure) ou les personnes analphabètes bénéficient aussi de l’accessibilité des services. En fin de compte, c’est toute la société qui tire avantage de l’accessibilité universelle des services de transport collectif.

L’installation progressive d’ascenseurs dans les stations de métro et dans les gares de train, l’amélioration et la simplification de la signalétique, le développement des fonctions sonores aux distributrices automatiques de titres et le renouvellement des parcs d’autobus munis d’une rampe d’accès à l’avant sont autant d’exemples d’actions réalisées par les opérateurs publics de transport collectif (OPTC) de la région métropolitaine pour développer une mobilité inclusive. Ces travaux de réaménagement des gares, des terminus et des stations — en général — et l’installation d’ascenseurs — en particulier —, peuvent prendre de l’ampleur en raison de la complexité inhérente à toute construction effectuée dans un environnement bâti n’ayant pas été conçu à cette fin.

Une vision intégrée de l’accessibilité universelle

La connectivité des différents réseaux de transport collectif demeure un enjeu important dans le développement de l’accessibilité universelle à l’échelle de la région. Le principal obstacle à l’utilisation des réseaux réguliers par les personnes à mobilité réduite réside dans la présence d’équipements et d’infrastructures non adaptés à leurs besoins et à leurs limitations fonctionnelles. À cela s’ajoute la présence d’informations et d’outils de communication qui ne sont pas toujours adaptés à toutes les clientèles.

Aborder l’ensemble des composantes de la chaîne de déplacement permet d’identifier les actions à réaliser pour que les personnes ayant des limitations fonctionnelles (sur le plan de la planification du trajet, du cheminement aux arrêts, de l’achat de titres de transport ou des déplacements entre les différents réseaux et à l’intérieur de chacun d’eux) puissent utiliser pleinement la totalité des services de transport collectif.

Une vision régionale à consolider

La cohérence des interventions constitue un prérequis à la réalisation d’un parcours sans obstacle pour l’usager ayant des limitations fonctionnelles. Cela est d’autant plus réel quand il doit utiliser plus d’un réseau de transport collectif pour ses déplacements, comme cela peut être le cas dans notre région.

Ailleurs dans le monde, les autorités régionales de transport collectif ont mis en place diverses stratégies permettant d’assurer la cohérence des interventions, parmi lesquelles on retrouve le développement d’un système intégré de gestion des réseaux de transport, l’établissement d’une planification stratégique régionale, la mise en place d’instances de coordination des actions entre les exploitants et l’établissement de plateformes d’échange et de consultation avec les milieux associatifs.

Parcours client

1

Planification du déplacement

2

Accès au point de départ

station, gare, terminus, arrêt, stationnement

3

Circulation dans l’infrastructure

4

Achat d’un titre

5

Attente sur le site

6

Déplacement à bord du mode de transport

7

Correspondance entre modes de transport

De fait, le développement de l’accessibilité universelle sur toute la chaîne de déplacement à l’échelle de la région nécessitera une étroite collaboration de l’ARTM et des partenaires en transport tels que les organismes publics de transport collectif et les municipalités, qui sont responsables des infrastructures de voirie comme les trottoirs. La mobilisation et la concertation des partenaires associatifs sont des facteurs clés d’amélioration du niveau d’accessibilité de l’ensemble du réseau de transport collectif de la région.

Le défi de la mobilité intégrée

La comodalité pour une intégration optimale des modes publics et privés

Bien que la multiplication des services de mobilité offre un plus grand choix de modes de déplacement aux personnes, il peut être parfois difficile de s’y retrouver. Chaque opérateur, qu’il soit public (transport collectif ou vélo en libre-service) ou privé (taxi ou voiture en libre-service), agit selon le modèle d’affaires qui lui convient le mieux. Cela implique donc qu’une personne qui désire se déplacer en utilisant plus d’un mode de transport doit s’informer à l’avance des différents tarifs et règles d’utilisation afin d’opter pour le trajet qui lui convient.

Pour mettre en place une expérience de mobilité plus fluide, où il est possible de se retrouver facilement et de passer d’un service et d’un mode à l’autre sans effort, chaque réseau doit être pensé dans un souci de cohérence avec les autres réseaux, notamment en termes de couverture du territoire et de possibilité de connexion intermodale. Cela implique de mettre en place une coordination qui tiendra compte de la pluralité des acteurs responsables de l’offre de services en transport sur le territoire et de proposer des solutions d’intégration des modes de transport.

Harmonisation de l’expérience client

Notre objectif principal est d’offrir aux usagers du transport collectif de la grande région de Montréal un parcours qui soit le plus fluide et uniforme possible sur l’ensemble du territoire. Un guichet intégré d’information et de service après-vente, qui comprendrait, à terme, l’ensemble des services de mobilité offerts, permettrait d’atténuer les irritants entre les points d’entrée et de sortie d’un parcours réalisé par un usager.

Les pôles d’échanges multimodaux

La notion de pôle d’échange multimodal prend toute son importance dans le contexte de la diversification des services de mobilité. Ces lieux, où se croisent des modes de transport, comprennent aussi des services et des milieux de vie. L’emplacement des pôles d’échanges multimodaux, doit être accessible au plus grand nombre d’usagers possible, et ce, dans une diversité de modes. Pour ce faire, deux aspects sont à considérer : la connectivité du site au réseau piétonnier, cyclable et routier, mais également la densité d’activité autour du site qui permet de concentrer la population à proximité des pôles d’échange. Ils doivent aussi être localisés de manière à refléter la réalité des flux de déplacement des personnes.

Reposant sur un arrimage réussi entre planification du transport et aménagement du territoire, les pôles d’échanges multimodaux permettent d’offrir une mobilité fluide et efficace aux citoyens et favorisent un développement urbain de plus grande densité. En 2017, la ville de Montréal a inauguré un premier pôle de mobilité en soutien d’une mobilité plus active et durable, à proximité de la station de métro Square-Victoria–OACI. Celui-ci a été identifié en tant que lieu stratégique de connexion dans la ville, où se concentrent plusieurs pôles générateurs de déplacement qui offrent une intégration de plusieurs modes de transport autres que l’auto solo. Les pôles d’échanges multimodaux sont appelés à se multiplier et à devenir des lieux de transit fonctionnels et agréables, mais aussi des haltes pour profiter du milieu urbain environnant.

Vers l'excellence de l'expérience de mobilité

Plusieurs pistes d’intervention s’offrent à nous pour améliorer l’expérience de mobilité sur le territoire.

  • La disponibilité de l’information en temps réel permet de diminuer la perception du temps d’attente. Elle permet aussi aux usagers de choisir le meilleur itinéraire selon les conditions de service réelles. Les usagers ont parfois des options de déplacement offertes par plus d’un exploitant ou, dans certains cas, utilisent plus d’un réseau pour réaliser un déplacement. Il est donc crucial que l’information soit intégrée dans l’ensemble des réseaux de transport collectif.
  • Une signalétique efficace informe, identifie, guide et facilite l’orientation et les déplacements dans l’espace. Le déploiement sur l’ensemble du territoire d’une signalétique moderne, inspirée des meilleures pratiques à l’échelle mondiale et qui répondra aux besoins de tous les usagers, est une action incontournable pour les prochaines années.
  • De nouveaux modes de paiement plus souples, rapides et intuitifs sont en développement. L’introduction de nouveaux supports — pour les titres comme pour le paiement —, tels que le téléphone mobile, est inéluctable. La combinaison de différents abonnements sur un même support ou la création de forfaits multimodaux, par exemple, sont également des développements à venir.

Le côté humain et personnalisé, c’est important pour moi !

Liette, Rosemère

Un futur à planifier

Puisque le fait de planifier sur un horizon de trente ans comporte certains risques, l’échéancier doit s’accompagner de mesures d’adaptation et d’un processus de veille assurant sa pertinence et sa résilience au fil du temps.

Plusieurs grandes tendances se dessinent et influenceront la mobilité de demain, dont les changements climatiques, les développements technologiques comme l’autonomisation des véhicules et la délocalisation des emplois qui amènera sans doute plus de gens à travailler de la maison ou selon des horaires flexibles.

Les avancées technologiques et les nouveaux modèles d’affaires

Les véhicules autonomes représentent une nouvelle composante de la mobilité dont les avantages et les inconvénients, comme pour toute nouvelle technologie, doivent être pris en considération dans le développement de la mobilité sur le territoire. Ce type de service offre un potentiel intéressant pour les déplacements en rabattement vers un mode plus structurant de transport collectif et pourrait également être utilisé pour desservir des secteurs résidentiels ou industriels de faible densité.

À Candiac, depuis octobre 2018, une navette autonome pouvant accueillir 15 passagers est en service sur une distance de 2 km. Il s’agit d’un projet pilote s’étalant sur un an.

La mobilité intégrée ou MaaS (Mobility as a Service) est une approche qui vise à répondre aux besoins globaux de mobilité des personnes en simplifiant l’accès aux services de mobilité durable (transport collectif, taxi, autopartage, vélo et auto en libre-service, auto de location). Un opérateur MaaS agit en tant qu’interface entre tous les services de mobilité et le client, afin de lui offrir un forfait de mobilité adapté à ses besoins.

Un nombre grandissant de métropoles s’intéresse de très près au concept de mobilité intégrée, ce qui facilite l’accès aux services de mobilité. Dans la région, la plateforme Chrono pourrait devenir un outil de partage, de coordination, d’achat et de transaction des services de mobilité offert à tous les citoyens du territoire, peu importe leurs habitudes de déplacement.

L’électrification des transports est une priorité du gouvernement du Québec qui entend, à partir de 2025, financer seulement l’acquisition de véhicules 100 % électriques pour le transport des personnes. Plusieurs OPTC proposent déjà des projets allant dans ce sens. De plus, le développement des modes lourds comme le REM et le prolongement du métro contribueront de façon marquée à l’augmentation du nombre de déplacements en modes de transport utilisant une énergie propre dans la région métropolitaine.

Miser sur l’innovation

La région doit se donner les moyens de saisir toutes les occasions qui tendent à faire de la mobilité une expérience simple, intégrée, fluide et efficace. Afin de stimuler l’innovation, elle peut explorer les pistes suivantes : le suivi des développements technologiques et de l’émergence de nouveaux modèles d’affaires, la création de partenariats stratégiques, une préparation en prévision de l’électrification des transports et une analyse de la somme des données offertes sur la mobilité.

Réduction des GES pour une mobilité à plus faible empreinte carbone

De nombreux efforts ont été déployés au cours des dernières années au Québec pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre ainsi que la consommation de pétrole. Plus récemment, la Politique de mobilité durable adoptée par le gouvernement du Québec confirmait la volonté de tendre vers une mobilité à plus faible empreinte carbone.

De manière plus concrète, elle réitérait la cible de réduction de 40 % sous le niveau établi en 2013 pour la consommation de pétrole dans le secteur des transports d’ici 2030. De plus, en concordance avec le Plan d’action sur les changements climatiques 2013-2020, elle inscrivait la cible de réduction de 37,5 % sous le niveau de 1990 des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports.

Les changements climatiques

Malgré les efforts entrepris pour atteindre les cibles québécoises de réduction des émissions de GES, notamment dans le secteur des transports, les risques associés aux changements climatiques — inondations, canicules, défaillance des infrastructures — nécessitent des interventions de la part des pouvoirs publics.

Si les municipalités sont des acteurs de premier plan dans l’adaptation à ces phénomènes, l’ARTM et les OPTC doivent s’assurer de la résilience des réseaux et des infrastructures de transport de la région métropolitaine. Afin de nous préparer à réduire la vulnérabilité du système de transport relative aux changements climatiques, un plan d’adaptation sera élaboré.

Une question, un commentaire ?