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Laquelle de ces mesures visant un meilleur partage de la route aurait un impact positif sur vos déplacements quotidiens ?

47.4%
19.3%
33.3%
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Selon vous, quelle devrait être la priorité en ce qui concerne la portion du trajet réalisé en mode actif ?

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8.9%
43%
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Parmi les aspects suivants, lequel est le plus susceptible de vous convaincre d’effectuer vos déplacements en covoiturage ?

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Une rue conviviale est une rue qui soutient des déplacements accessibles, sécuritaires et confortables pour tous les modes de déplacement et toutes les conditions personnelles, et ce, en toutes saisons. (Ville de Québec)

Interventions sur le réseau routier afin de prioriser le transport collectif, par exemple les voies réservées et voies d’évitement de file d’attente, les feux prioritaires de type feu chandelle ou en temps réel.

Autorité régionale
de transport métropolitain

Temps de lecture estimé
8 minutes

Occasion de prendre la parole
3 questions

Un système de transport performant

Pourquoi en parler ?

Ensemble, nous effectuons à travers le territoire plus de 8,3 millions de déplacements tous les jours, grâce au bon fonctionnement de plusieurs réseaux de transport qui sont interreliés : les réseaux routier, piétonnier et cyclable et les réseaux de transport collectif et de transport adapté. Le nombre de déplacements réalisés tous les jours est en croissance continue depuis plusieurs décennies et cette tendance se maintiendra en lien avec la croissance démographique prévue.

Les ressources financières et l’espace alloué aux réseaux de transport sont toutefois limités. Il importe alors de faire des choix judicieux afin de permettre au plus grand nombre possible de personnes de se déplacer aisément et rapidement dans le même espace. Plusieurs modes de transport dépendent du réseau routier : les piétons, les cyclistes, les usagers du transport par autobus, les automobilistes et leurs passagers circulent tous sur des routes. En favorisant la cohabitation harmonieuse d’une diversité de modes sur les routes, par le biais d’aménagements particuliers par exemple, on crée plus d’options de mobilité pour la population. L’ensemble des alternatives à l’auto solo ou réduisant la nécessité de posséder une voiture fait partie d’une gamme de services de mobilité durable. Cette gamme de services comprend : le transport collectif, les aménagements piétons et cyclistes, les services de taxi et d’autopartage, les services de vélo en libre-service, le transport par autobus scolaire, les navettes fluviales et les traversiers.

La présence de services de mobilité durable varie grandement sur le territoire, ce qui peut contraindre des personnes qui résident ou se dirigent dans des secteurs moins bien desservis à utiliser l’automobile comme mode principal de déplacement.

Cette situation a des impacts pour les citoyens qui voient s’allonger leur temps de déplacement à cause de la congestion et augmenter leur budget lié au transport quand l’achat d’une deuxième ou troisième voiture s’avère nécessaire.

Le rééquilibrage de l’espace et des ressources alloués à chaque mode de transport est donc sensé, tant d’un point de vue d’une meilleure utilisation des ressources que d’une meilleure réponse aux besoins de la population.

Nombre moyen de services de mobilité durable accessibles

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Source: Traitement ARTM, 2018

Mieux exploiter le potentiel de nos infrastructures

Dans une vision du transport plus traditionnelle, on calcule la capacité des différentes composantes du réseau routier en fonction du débit de véhicules qui y transitent dans une période de temps donnée. Dans une perspective de mobilité durable, c’est plutôt le nombre d’individus qui se déplacent qu’on mesure.

Dans un contexte où l’espace et les ressources sont limités et où la population et les déplacements continuent de croître, il faut optimiser l’utilisation des infrastructures routières pour les rendre plus efficientes, afin de déplacer plus de personnes plus rapidement.

Les modes actifs et collectifs contribuent à améliorer l’efficience du réseau routier en occupant considérablement moins d’espace que les voitures, tout en transportant le même nombre de personnes.

Déjà, dans plusieurs secteurs plus denses de la région, l’espace sur rue a été réalloué aux modes de transport plus efficients. Des voies réservées pour autobus, de larges trottoirs et des pistes cyclables permettent à plus de personnes de se déplacer en même temps.

Cette approche est particulièrement efficace sur les ponts. Par exemple, la voie réservée sur le pont Champlain permet de déplacer autant de personnes en période de pointe que les deux voies de circulation mises à la disposition des automobiles et des camions. Les modes guidés de transport collectif, tels que le métro et le train, permettent aussi de déplacer rapidement un grand nombre de personnes.

Le transport collectif : la pierre d’assise de la mobilité durable dans la région

Le réseau de transport collectif est conçu pour transporter de grands volumes de personnes à des vitesses suffisamment élevées pour concurrencer l’automobile. Actuellement, dans la grande région de Montréal, trois options de transport collectif offrent cette possibilité : l’autobus, le métro et le train.

En transportant de grands volumes de personnes sur de nombreux axes, les services de transport collectif contribuent directement au développement économique de la région, en permettant à un nombre toujours croissant de travailleurs d’accéder aux pôles d’emplois régionaux, tout en libérant de l’espace sur le réseau routier et en facilitant les déplacements en voiture ou le transport des marchandises. Trois améliorations importantes au réseau de transport collectif entreront en service au cours des prochaines années : le système rapide d’autobus (SRB) sur le boulevard Pie-IX, le prolongement de la ligne bleue du métro et le Réseau express métropolitain (REM).

Ensemble, ces trois projets contribueront à améliorer l’accessibilité de nombreux secteurs dans la région. Les effets positifs sur les temps de parcours vers le centre-ville seront marqués. En 2028, presque toute l’île de Montréal, Longueuil et une importante portion de Laval auront accès au centre-ville en moins de 60 minutes en transport collectif.

Puisque le transport par autobus, le transport actif et le transport routier partagent très souvent les mêmes infrastructures routières, l’amélioration du réseau routier, en le rendant plus sécuritaire, en assurant son maintien en bon état et en optimisant la signalisation, est également essentielle au bon fonctionnement du système de transport urbain.

Les modes actifs : les compléments naturels du transport collectif

La marche et le vélo sont des modes de transport abordables et flexibles, peu affectés par la congestion ou les travaux en raison des multiples itinéraires possibles. La durée des déplacements en modes actifs est donc généralement prévisible et fiable, ce qui constitue un grand avantage. En termes d’efficience, les infrastructures piétonnes et cyclistes sont très peu coûteuses et permettent à un grand nombre de personnes de les emprunter.

L’utilisation des modes actifs est directement en lien avec la proximité des destinations. Elle est aussi influencée par la présence d’infrastructures sécuritaires et adaptées. En requalifiant certains espaces publics, il est possible d’améliorer significativement l’expérience des déplacements piétons. L’approche des rues conviviales utilisée par plusieurs municipalités permet de revoir la rue en fonction de ces usages, afin que les modes actifs puissent constituer de véritables alternatives de déplacement.

Les modes actifs sont des compléments naturels aux modes de transport collectif. Tous les jours, dans la région métropolitaine 1,3 million d’utilisateurs du transport collectif (89 %) marchent pour se rendre au service de transport collectif ou de celui-ci à leur destination. À travers le monde, les villes ayant atteint une part élevée de déplacements en transport collectif ont aussi une part élevée de déplacements en modes actifs.

À ce titre, le cœur de la région métropolitaine se compare aux grandes villes européennes : ses résidents y effectuent 29 % de leurs déplacements en transport collectif et 25 % en modes actifs. Un environnement favorable aux déplacements actifs rendra nécessairement les déplacements en transport collectif plus agréables, faciles et sécuritaires.

Par exemple, un environnement urbain bien conçu offrant trottoirs et cheminements piétons sécurisés encouragera l’accès aux arrêts de transport collectif. Les actions visant à accroître l’utilisation des modes actifs font donc partie des solutions visant l’augmentation de la part des déplacements réalisés en transport collectif.

Part modale du transport collectif et du transport actif

Parts modales du transport collectif et transport actif des régions métropolitaines européennes et canadiennes.
Source : Transportation Tomorrow Survey (2011) UITP, Mobility for Cities Database (2012)

Optimisation de l’utilisation de l’automobile

Chaque matin, 1 million de conducteurs se déplacent seuls à bord de leur véhicule. Il y a donc 4 millions de sièges libres dans les voitures qui circulent déjà sur les routes en période de pointe. L’utilisation d’une voiture avec plusieurs personnes à bord (auto partagée) est une façon simple d’augmenter l’efficience de notre réseau routier. En effet, si chaque auto transportait deux personnes, il y aurait presque deux fois moins de voitures sur les routes. Plusieurs solutions déjà en place permettent de diminuer le nombre de voitures sur les routes :

  • Le covoiturage peut être réalisé de façon informelle ou par un service de jumelage;
  • Les applications sur téléphone intelligent offrent de nouvelles façons de jumeler les gens afin d’optimiser les déplacements en voiture. Les voies réservées au covoiturage permettent aussi de favoriser cette pratique;
  • Un service d’autopartage met à la disposition des membres une flotte de véhicules pour utilisation de courte ou de moyenne durée, avec ou sans réservation.

Ces options permettent de bénéficier des avantages de la voiture sans devoir en posséder une et réduisent le besoin d’espace dédié au stationnement de la voiture dans nos villes. Ces services offrent plus de flexibilité, car on peut choisir de faire seulement une partie de ses déplacements en voiture.

Efficience du réseau routier

Le réseau routier est utilisé par toutes les personnes qui se déplacent dans la région – qu’elles soient en automobile, en transport collectif, en transport adapté, à vélo ou à pied. La congestion routière est aussi nuisible aux passagers d’autobus qu’aux automobilistes et, comme un autobus transporte plusieurs personnes, l’impact de la congestion sur celles-ci est d’autant plus important.

La mise en place de mesures préférentielles pour autobus permet d’améliorer la fiabilité et la ponctualité du service et, par le fait même, la qualité des déplacements en transport collectif. Une gestion optimale du réseau routier, par l’entretien de la chaussée, la mise en place de signalisation efficace, la planification des entraves et le suivi de l’état de la circulation, est nécessaire pour assurer une fluidité optimale des personnes et des services de transport collectif fiables et efficaces.

Les nouvelles technologies d’information et de communication offrent un potentiel intéressant pour optimiser l’utilisation des véhicules privés et le réseau routier, par exemple par la transmission d’information en temps réel sur la disponibilité des véhicules, le stationnement, les entraves, la congestion routière et les options alternatives de transit.

Le réseau artériel métropolitain

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a identifié comme Réseau artériel métropolitain environ 2 000 kilomètres de rues artérielles municipales, dans le but de mieux coordonner la planification du transport collectif et le réseau routier municipal. À sa création, l’ARTM est devenue responsable du Réseau artériel métropolitain et devra procéder à sa redéfinition.

Les services de mobilité durable à notre disposition

L’autobus

Puisqu’ils circulent sur un réseau routier étendu, les services d’autobus ont l’avantage de se déployer partout dans la région. D’ailleurs, 90 % des résidents de la région habitent à proximité d’un arrêt d’autobus. Dans la plupart des secteurs, un service d’autobus est offert toute la journée, même si la fréquence peut varier de façon importante. Il existe dans presque toute la région un réseau d’autobus très performant à haute fréquence, souvent favorisé par l’implantation de mesures préférentielles (voies réservées, feux prioritaires, etc.). Par exemple, sur l’île de Montréal, 50 % de l’achalandage du réseau d’autobus de la STM est concentré sur le réseau haute fréquence. Dans les secteurs moins denses, les lignes d’autobus se rabattent très souvent vers le métro ou le train ou sont connectées directement au centre-ville, souvent grâce à la présence de voies réservées et autres mesures préférentielles. À l’échelle de la région, 1 million de déplacements sont effectués en totalité ou en partie en autobus chaque jour, ce qui représente 70 % des déplacements en transport collectif.

Dans le cadre de la réalisation de sa mission, l’ARTM souhaitera harmoniser la qualité du service par autobus offert dans l’ensemble de la région, en tenant compte des particularités de chacun des secteurs du territoire. Les caractéristiques du service considérées lors de cet exercice seront :

  • l’amplitude : le nombre d’heures par jour pendant lesquelles le service est offert;
  • la fréquence : le nombre de départs par heure de service;
  • la symétrie : la comparaison entre les services offerts dans chaque direction.

La satisfaction des usagers sera aussi mesurée sur les aspects les plus déterminants de leur expérience à bord des services. Des critères comme la fiabilité, le confort, la propreté, la sécurité et la courtoisie du personnel seront analysés.

Réseau d’autobus Agrandir

Le métro

Avec 68 stations, 65 kilomètres de lignes, sa capacité élevée, son service à haute fréquence pendant toute la journée et son parcours entièrement souterrain, le métro de Montréal permet à un très grand nombre de personnes de se déplacer rapidement dans les quartiers denses de la région. Ce service souterrain est extrêmement efficace, car il permet d’éviter la congestion sur le réseau de surface. Sa disponibilité est un autre atout : il est offert vingt heures par jour, sept jours par semaine. À l’échelle de la région, 860 000 déplacements sont effectués en totalité ou en partie en métro chaque jour, ce qui représente 60 % des déplacements en transport collectif. En période de pointe du matin, ce sont 250 000 personnes qui empruntent le métro.

Réseau de métro Agrandir

Le réseau de train de banlieue

Le réseau de train de banlieue s’étend jusqu’aux extrémités de la région. Il permet aux citoyens habitant en périphérie d’accéder au centre-ville rapidement et répond efficacement aux besoins de déplacements concentrés en périodes de pointe du matin et du soir (navettage). Chaque jour, 85 000 déplacements sont effectués en train de banlieue, en totalité ou en partie, ce qui représente 6 % des déplacements en transport collectif.

Réseau de train de banlieue Agrandir
Crédit photo : exo

Le réseau de transport adapté

Pour un certain nombre de personnes, le transport adapté représente la seule option pour se déplacer. Les services de transport adapté offerts correspondent à un service de type porte-à-porte nécessitant au préalable une réservation. La livraison de ces services implique des jumelages de la clientèle et est assurée par différents types de véhicules : taxis ordinaires et adaptés, minibus et autobus urbains munis d’une rampe d’accès.

Actuellement, plus de cinq millions de déplacements en transport adapté sont réalisés annuellement dans la région métropolitaine. La demande en transport adapté a subi une croissance importante au cours des dernières années. En complémentarité avec les efforts d’amélioration de l’accessibilité universelle de l’ensemble du réseau, le réseau de transport adapté contribue à soutenir l’intégration sociale des personnes handicapées et à répondre aux transformations liées au vieillissement de la population.

Réseau de transport adapté Télécharger

La marche

La propreté, la sécurité et la convivialité des lieux fréquentés ont une influence importante sur le choix de la marche comme mode de transport. Pour favoriser la marche comme moyen de déplacement, il est essentiel que l’environnement présente une certaine densité ainsi qu’une diversité d’activités, afin de minimiser les distances à parcourir pour atteindre les destinations souhaitées. Un environnement urbain conçu pour accueillir un très grand nombre de voitures génère des nuisances pour les piétons, tels le bruit, la pollution de l’air, les îlots de chaleur et l’absence de trottoirs. Dans certains secteurs, il existe des enjeux de sécurité pour les modes actifs, principalement liés à la différence de vitesse de circulation des véhicules motorisés et à la visibilité, notamment aux intersections. Les collisions de piétons par des automobiles représentent, en moyenne, 140 accidents graves et une vingtaine d’accidents mortels par an dans la région métropolitaine (SAAQ 2011-2016). Plus la vitesse de circulation des véhicules est élevée, moins la cohabitation entre ces modes est possible; les autoroutes en sont un exemple extrême. Chaque jour, 900 000 déplacements sont effectués entièrement à pied, ce qui représente 11 % de l’ensemble des déplacements dans la région.

Le vélo

Le vélo permet de desservir de manière efficace et compétitive tous les lieux de résidence et toutes les activités, sur des distances de moins de 10 km, ce qui correspond à la majorité des déplacements pratiqués dans les secteurs denses et diversifiés et dans les secteurs urbains en transition. La pratique du vélo connaît d’ailleurs une croissance intéressante en termes de nombre de déplacements, particulièrement dans certains quartiers du cœur de la région métropolitaine. Chaque jour, 150 000 déplacements sont effectués à vélo, ce qui représente 2 % de l’ensemble des déplacements dans la région.

Avec la croissance de la pratique du vélo, la cohabitation avec l’automobile est de plus en plus fréquente. Celle-ci peut être améliorée par des aménagements routiers conçus pour prendre en compte les cyclistes, notamment aux intersections, en mettant en place une meilleure signalisation, en effectuant un entretien adéquat, en modifiant certains règlements ou encore en mettant en place des actions de sensibilisation auprès des automobilistes.

La constitution d’un réseau d’aménagements cyclables connectés et sécuritaires favorise l’essor de ce mode de transport. Pour répondre à cette nouvelle demande, des voies cyclables se déploient rapidement, couvrant déjà plus de 2 200 km de voies sur le territoire. Le réseau s’améliore d’année en année en étant toujours plus connecté. Le stationnement pour vélos à proximité des points d’accès au réseau et la possibilité de transporter son vélo à bord des autobus, des trains et du métro sont deux options permettant une combinaison optimale entre vélo et transport collectif.

Le vélo en libre-service comme Bixi, qui se déploie actuellement dans le centre, présente un potentiel intéressant à utiliser seul, mais aussi en combinaison avec le transport collectif pour effectuer un déplacement. Ce service constitue une solution intéressante pour surmonter le problème du dernier kilomètre, et ainsi réduire le temps de déplacement requis pour se rendre du domicile au réseau de transport collectif, ou pour effectuer la dernière portion d’un trajet. Il présente aussi l’avantage de pouvoir être utilisé sans réservation préalable, sans limite de temps et sans obligation de retour au point de départ.

Autres services collectifs

Les taxis, réseaux de transport comme UBER, navettes privées, autobus scolaires, traversiers et navettes fluviales, constituent d’autres services à la disposition de la population, mais utilisés de manière plus ponctuelle ou marginale.

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